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En Irak, les Américains perdent des hommes et du matériel



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Selon Raids, le magazine français spécialisé dans les affaires militaires, plus de mille véhicules et une centaine d'hélicoptères ont été perdus par les forces américaines en trois ans • Des appareils souvent endommagés ou détruits lors d'accidents.

par JEAN-DOMINIQUE MERCHET
LIBERATION.FR : mardi 02 mai 2006 - 18:59



En Irak, les Américains ne perdent pas seulement des hommes, mais aussi beaucoup de matériel. «Plus de mille véhicules et une centaine d'hélicoptères» en trois ans, estime dans son numéro de mai Raids, le magazine français spécialisé dans les affaires militaires. Depuis le déclenchement des opérations en mars 2003, 2 400 militaires américains sont morts et 17 469 autres ont été blessés, dont la moitié (8 137) assez ou très sérieusement.

Pour la première fois, le mensuel Raids livre, à partir des chiffres fournis par l'US Army «pondérés d¹autres sources», un tableau assez complet du coût matériel de l'intervention en Irak. Ainsi, les forces américaines ont perdu 104 hélicoptères, dont 14 énormes CH-47 Chinook et 27 AH-64 Apache, ­ appareil de combat très sophistiqué qui coûte plus de 50 millions de dollars. Au moins 118 autres hélicoptères ont été endommagés. Selon Raids, «la seule réparation des hélicoptères depuis le déclenchement des opérations en Afghanistan en 2001 a représenté 2,6 milliards de dollars». Ces pertes ne sont pas toutes dues à l'action de l'opposition armée. Les accidents sont fréquents, surtout dans un pays chaud et poussiéreux, environnement qui ne convient guère aux hélicoptères.

En matière de véhicules terrestres, les estimations sont moins précises. Seule l'armée de terre communique des chiffres, contrairement au corps des Marines. Près de 1 400 véhicules auraient été détruits, soit plus d¹un par jour. Au moins autant ont été endommagés. Dans le détail, 49 chars lourds Abrams M-1 ont été détruits (142 endommagés) ainsi que 450 véhicules légers Hummer (430 endommagés).

Pour importants qu'ils soient, ces chiffres doivent être rapportés à la quantité de véhicules militaires américains en Irak, soit 30 000. Hors accidents, dont le nombre est inconnu, «l'immense majorité des destructions sont le fait des IED (engins explosifs improvisés), charges enfouies, lance-roquettes RPG-7 et projectiles cinétiques de mitrailleuses et fusils d'assaut. Les insurgés et autres combattants se réclamant du jihad ne disposent que de très peu d¹armes sophistiquées, type missiles», écrit Raids. Ces pertes matérielles inquiètent les responsables militaires américains. Alors que les engins s'usent cinq fois plus vite en Irak qu'en temps normal, les ateliers de maintenance de l'Army Materiel Command «croulent littéralement sous la charge industrielle». Pour 2006, les experts l'évaluent à vingt millions d'heures de travail, «dont la moitié sera sous-traitée». Outre le coût faramineux, les généraux s¹inquiètent de l'usure trop rapide de leurs équipements. Au cas où ils devraient être engagés sur un autre théâtre d'opérations.

http://www.liberation.fr/page.php?Article=379028





" ... Depuis le déclenchement des opérations en mars 2003, 2 400 militaires américains sont morts et 17 469 autres ont été blessés, dont la moitié (8 137) assez ou très sérieusement. ... "

2 400 soldats US morts

17 469 blessés dont 8 137 sérieusement

Ces données ne prennent en compte que les personnels étasuniens et pas les autres composantes de la coalition.
Il s'agit de pertes officielles admises par les autorités US.



" ... Ainsi, les forces américaines ont perdu 104 hélicoptères, dont 14 énormes CH-47 Chinook et 27 AH-64 Apache, ­ appareil de combat très sophistiqué qui coûte plus de 50 millions de dollars. ... "

104 hélicoptères détruits dont 14 CH-47 Chinook et 27 AH-64 Apache

" ... Au moins 118 autres hélicoptères ont été endommagés. ... "

118 hélicoptères reconnus mis hors d'usage

" ... Seule l'armée de terre communique des chiffres ... " : Les informations suivantes ne sont donc que très partielles et ne demeurent de toute façon que les pertes admises.

" ... Près de 1 400 véhicules auraient été détruits, soit plus d¹un par jour. Au moins autant ont été endommagés. Dans le détail, 49 chars lourds Abrams M-1 ont été détruits (142 endommagés) ainsi que 450 véhicules légers Hummer (430 endommagés). ... "

1 400 véhicules détruits dont 49 chars lourds

1400 ou plus d'endommagés dont 142 chars lourds


Dernière édition par le Dim 11 Mar 2007 - 18:09, édité 1 fois

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géopolitique :: Commentaires

coeur-nucleaire

Message le Dim 7 Mai 2006 - 17:18  coeur-nucleaire

a quand la fin ce masacre????
et tout cela pour du pétrole !!! Confused

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Sandra

Message le Sam 10 Juin 2006 - 16:10  Sandra

Russie et Etats-Unis au bord d’une nouvelle guerre froide, ou le poids du "facteur 2008"

publié le vendredi 9 juin 2006

géopolitique Artoff2744



L’état actuel des rapports russo-américains suscite une profonde inquiétude, écrit Sergueï Rogov, directeur de l’Institut des Etats-Unis et du Canada à l’Académie des sciences de Russie, dans la Nezavissimaïa gazeta.

Une nouvelle guerre froide n’a pas encore éclaté, mais nous n’en sommes pas loin. Compte tenu du "facteur 2008" (voir plus bas - ndlr.), cette situation ne peut pas durer longtemps, écrit Sergueï Rogov, directeur de l’Institut des Etats-Unis et du Canada à l’Académie des sciences de Russie.

La fin de la guerre froide a été considérée à Washington comme une victoire des Etats-Unis qui ont alors perdu leur adversaire géopolitique en la personne de l’URSS. Ils se sont alors fixé pour but de ne pas admettre l’apparition d’une nouvelle "puissance symétrique", ce qui est devenu l’essence de la stratégie américaine.

Le partenariat stratégique russo-américain a été proclamé dans le contexte des menaces communes : terrorisme international et prolifération des armes de destruction massive. Mais il s’est avéré, dans une grande mesure, une déclaration creuse. Ce partenariat repose sur les rapports personnels entre les dirigeants des deux pays et n’a pas d’institutions permanentes de coopération militaire et politique, à la différence du mécanisme de coopération entre les Etats-Unis et leurs alliés au sein de l’OTAN.

L’absence de base économique de la coopération est un autre défaut. Les Etats-Unis développent des rapports commerciaux et économiques avec la Chine, ce qui est un facteur de stabilité. Malgré les contradictions idéologiques et géopolitiques, une interdépendance est apparue entre l’Amérique et la Chine, ce qui n’existe pas dans les rapports entre la Russie et les Etats-Unis.

Les rapports entre Moscou et Washington s’avèrent très vulnérables en raison de divergences omniprésentes, même sur des problèmes secondaires.

Pour l’instant, les rapports personnels entre les deux leaders continuent à exercer une influence positive sur les relations entre les deux pays, mais l’année 2008, celle de la fin du mandat présidentiel de Vladimir Poutine et de George Bush, pourrait être une sorte de tournant.

Il convient de rappeler que la guerre froide n’avait pas commencé d’emblée. A présent, elle pourrait éclater après l’admission de l’Ukraine à l’OTAN. Sur le plan militaire, cela ne renforcera pas l’alliance, mais "l’atlantisation" de Kiev est une tentative d’en finir avec la Russie en tant que grande puissance et de l’isoler en Europe. Ce serait un grave événement géopolitique, en fait, une tentative de réduire la Russie à la principauté de Moscovie, pour qu’elle ne soit plus qu’un acteur de troisième ordre dans les affaires internationales.

http://www.armees.com/Russie-et-Etats-Unis-au-bord-d-une-nouvelle,2744.html

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Sandra

Message le Lun 2 Oct 2006 - 15:28  Sandra

Le Pentagone monopolise les renseignements sur l'Irak

2006-10-02 08:12:55
LONDRES, 1er octobre (XINHUA)

géopolitique 2006-03-23-xl--Getty_230306_RumsfeldUSA-Irak



Le Pentagone monopolise les renseignements sur l'Irak et même refusé tout accès par des agents et militaires britanniques, a révélé le journaliste réputé américain Bob Woodward, cité dimanche par le journal britannique Sunday Times.

Les renseignements sur l'Irak, recueillis par les agents américains et britannqiues, sont stockés dans un système baptisé " Réseau du protocole d'internet et de routers secrets (SIPRNET)", qui était classifié par routine au niveau "NOFORN (non avalable pour étrangers)", a précisé M. Woodward, dans son nouveau livre " In State of Denial", qui sera en vente en librairie lundi.

"Un Britannique ne pouvait pas y accéder, ni se procurer une copie du fait qu'ils étaient classifiés NOFORN", a écrit M. Woodward, journaliste célèbre pour son reportage sur le scandal du Watergate qui avait entraîné la démission en 1974 de RichardNixon.

Même les militaires britanniques qui pilotaient des avions de combat américains de type F-117 et FO 15E ne pouvaient pas avoir accès aux manuels de manipulation pour la même raison, a ajouté M. Woodward.

Le Premier ministre britannique Tony Blair, irrité par de l'attitude américaine envers son plus ferme allié dans la guerre en Irak, s'en était plaint devant le président George W. Bush qui avait ensuite promis d'en lever les restrictions, a rappelé M. Woodward.

Mais le Pentagone a pris une nouvelle mesure, en mettant en place un nouveau système de stockage de renseignements, qui se sépare de celui des Britanniques, a ajouté M. Woodward. Fin

http://www.french.xinhuanet.com/french/2006-10/02/content_324824.htm

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Sandra

Message le Mar 31 Oct 2006 - 16:12  Sandra

Embargo des USA contre Cuba : Va-t-on fumer un jour le cigare de la paix ?

mardi 31 octobre 2006.

géopolitique 04a-cubakonf-045



L’embargo est perçu le plus souvent dans un cadre globalisant et macroéconomique. Malheureusement, cette croyance dilue les effets pervers de ce blocus sur la vie du citoyen, qui devrait avoir d’autres chats à fouetter plutôt que d’endosser les conséquences de relations internationales.
Mais il faut qu’il y ait quelqu’un qui trinque et ce sont les nationaux. Pour illustrer notre propos, voici trois situations, apparemment anodines, mais qui sont assez dramatiques dans cette guéguerre entre Cuba et les Etats-Unis.

Des participants à un séminaire international sur le pétrole se rendent au Mexique. Quelques instants après avoir pris leur chambre dans un hôtel, ils se voient intimés par le maître d’hôtel l’ordre de... libérer les lieux. Pourquoi ? Parce qu’une société américaine y est actionnaire et les malheureux clients sont cubains. L’histoire suivante est celle d’un monsieur qui se rend à Western Union pour envoyer un peu d’argent à sa famille restée au pays.

Contre toute attente, il reçoit en plein visage le niet des agents de cette maison internationale, spécialisée dans le transfert rapide de numéraire. Son péché, c’est d’être Cubain. Une mésaventure ! Une autre histoire pour le moins pathétique, c’est celle de cet enfant qui a gagné un concours de peinture et qui est allé en Algérie pour recevoir son prix dans lequel est inclus un appareil photo numérique de marque Nikon, japonaise donc.

Contrairement à ses camarades gagnants, le petit reçoit l’étui, mais sans l’appareil dedans. Il se met à pleurer. Son crime est d’être Cubain et cette privation vient du fait que l’appareil qui lui était destiné contient des composants fabriqués aux Etats-Unis. En somme, des frustrations de tous les jours et voilà plus de cinquante ans que ce genre de situations perdure !

Contrairement à ces quelques faits, que l’on peut qualifier d’anecdotiques, il y en a bien d’autres et de plus généraux et qui font aussi mal. Quelques exemples piochés dans la grande corbeille qui croule sous les différentes sanctions. En vertu du blocus, une société d’un pays tiers n’a pas le droit de vendre à Cuba le moindre produit ou équipement contenant plus de 10% de produits étasuniens ; une société de pays tiers n’a pas le droit de vendre aux USA le moindre produit ou équipement contenant des matières premières cubaines.

Il y a également cette persécution de tout payement en dollars à partir et à destination de Cuba ; l’interdiction d’envois directs d’argent par le biais d’institutions établies dans un pays tiers et le blocus aux crédits alloués par les institutions internationales. Comme cas criard d’injustice de la Banque interaméricaine du développement et de la Banque mondiale qui ont conjointement accordé presque 12 milliards de dollars pour l’exécution de programmes de développement en Amérique latine et dans les Caraïbes : pas un seul dollar n’a été accordé à Cuba. Le comble, c’est que ça se passe au 21e siècle, en pleine mondialisation, dont le principal chantre est l’Oncle Sam.

A écouter l’ambassadeur du pays de Castro au Burkina, Fernando Prats, le blocus appliqué depuis plus de quatre décennies et intensifié ces dernières années a été condamné par l’Assemblée générale des Nations unies à 14 reprises d’affilée, pratiquement à l’unanimité. L’an dernier, 182 Etats, défendant les principes et les normes du droit international, en ont exigé la levée et ont repoussé à nouveau son application extraterritoriale. Il n’y a que quelques Etats qui se sont rangés du côté américain : Israël, les Iles Marshal, la Micronésie et Palau.

D’ailleurs, leur alignement sur l’opinion internationale n’aurait pas changé grand-chose. Au contraire ! Le blocus américain se renforce de jour en jour, en attestent les mesures du plan Bush, plus draconiennes et présentées en grande pompe par le président américain en 2004. Pourtant, pour les deux animateurs du jour, à savoir l’ambassadeur et son 2e secrétaire, Lazaro Polledo, cet embargo n’a que trop duré.

Prions donc avec eux que le projet de résolution portant sur la levée de cette mesure, qui sera présenté par Cuba, sera voté le 8 novembre prochain et que cette décision pourra, cette fois-ci, convaincre son puissant voisin qui, quoi qu’on dise, est un allié commercial naturel. Et l’on pourrait imaginer un scénario dans lequel Fidèle Castro et Georges Bush, assis côte à côte, fument le cigare de la paix.

L’Observateur

http://www.lefaso.net/article.php3?id_article=17272&id_rubrique=7



Souvenons nous que les USA soutenaient et finançaient la dictature de Fulgencio Batista que Fidel Castro renversa en prenant part lui-même à l'assaut.

D'ailleurs, le 3 novembre 1970 Salvador Allende, président du Chili, fut assassiné.
Le candidat de l'Unité populaire (regroupant le Mouvement de la gauche révolutionnaire et le Parti communiste), est élu président de la République du Chili avec un peu plus du tiers des suffrages. Il mettra en œuvre une importante politique de réforme agraire et de nationalisations. Le 11 septembre 1973, les forces armées du général Pinochet, avec le soutien de la CIA, assassineront Salvador Allende dans son palais de la Moneda.

D'autre part, le 3 novembre 1987, l'affaire dite de l'Irangate éclate.
L’hebdomadaire libanais pro-syrien, Al Shiraa, fait éclater l'affaire des ventes d'armes secrètes des Etats-Unis à l'Iran. Entre 1985 et 1987, en échange de missiles livrés par Jérusalem, il s'agissait d'obtenir la libération des otages américains du Liban. Il s'agissait également de soutenir les révolutionnaires nicaraguayens, afghans et angolais, considérés alors par les Etats-Unis comme des défenseurs de la liberté.

Alors, lorsque l'on commandite l'assassinat d'un président nouvellement élu, que l'on cherche à en renverser d'autres par des guérillas, se trouve on bien placé pour justifier le blocus d'un pays où l'on soutenait la dictature précédemment en place ?

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Sandra

Message le Dim 11 Mar 2007 - 18:13  Sandra

Grandeur ou décadence américaine en Irak ?

Grandeur et décadence. La grande Amérique n’est plus maîtresse du reste du monde ? Son ensablement en Irak le laisse croire. Cruel destin qui voit le sort des Etats-Unis en Irak dépendre des «pays du camp du Mal». Cruel destin que d’appeler à l’aide les ennemis déclarés sur lesquels pèse la menace américaine d’interventions militaires. Quel dessein pour l’Irak ? Ou plutôt quel enjeu pour les Irakiens? Ou plutôt, quel projet américain pour toute la région, y compris donc l’Irak ?

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L'envoi iranien, Abbas Araghchi, parle à la conférence à Bagdad, Irak, samedi. (AP Photo/Sabah Arar, Pool)



S’il apparaît une contradiction dramatique pour le retour de la paix en Irak du constat que les Etats-Unis n’ont pas révisé leurs positions à l’égard de la Syrie et de l’Iran, considérés pourtant comme pièces maîtresses dans une sortie américaine du bourbier irakien, pourquoi alors les Américains pourraient-ils s’attendre à ce que ces pays coopèrent ? Les Etats-Unis ont presque perdu leur statut de «gouvernement» du monde en ne parvenant pas à pacifier l’Irak.
Lorsque se développent des reproches à l’encontre des Etats-Unis, il est souvent reproché à ce pays d’agir en puissance plus que dominante, de profiter de son écrasante supériorité militaire pour poursuivre des objectifs d’hégémonie sur le monde, et il lui serait presque demandé de descendre de son piédestal et de se comporter comme le plus petit pays du monde avec cependant la conviction que la grande Amérique continuera toujours à n’écouter que ses propres intérêts.
Nous savons tous très bien que même à l’échelle du quartier, il y toujours la recherche de la domination d’un élément sur le groupe. Pourquoi cela ne serait-il pas valable à l’échelle du monde ?
Dans l’histoire telle qu’elle est racontée, a-t-il seulement existé dans les quatre contrées du monde un seul pays qui, se sachant le plus puissant, le plus grand, en mesure de dominer et de tirer des dividendes des moyens de force à sa disposition, qui renoncerait réellement au rang qu’il pourrait acquérir sans faillir, sans scrupule même au regard des moyens utilisés, car lui revenant en vertu du droit du plus fort sur la scène internationale ?
Sans nul doute que tout pays pouvant se trouver dans la position américaine d’hyper-puissance cèdera fatalement à la tentation de l’unilatéralisme, à l’instrumentation de la puissance pour redéfinir les relations internationales, à pratiquer la diplomatie de la coercition, à faire évoluer ses principes en fonction de ses intérêts, à disposer d’une doctrine militaire qui lui permettra de concevoir le format de ses forces en adaptation au rôle mondial qu’il entend jouer.
Israël déjà qui se sait superpuissance dans la région et qui sait également que les Etats-Unis lui garantiront toujours une supériorité opérationnelle et technologique sur tous ses voisins arabes ne rate jamais l’occasion de se comporter en puissance militaire hégémoniquement dominante au point de dicter leur conduite, même, ou plutôt surtout, par le biais de ses protecteurs américains, à tous les régimes environnants.
Le monde donc tel qu’il se dessine pour le moment tend à son unipolarisation, à savoir que l’hyper-puissance américaine demeure sans adversaire de taille capable de tenter d’endiguer son influence.
Les pays qui sont des puissances régionales et qui pensent parvenir à avoir une vocation mondiale voient, bien sûr, en les Etats-Unis un obstacle sérieux devant l’application de leur vision d’un monde qu’ils souhaiteraient multipolaire afin qu’ils puissent dès maintenant avoir une place active dans la régulation des relations internationales.
Cependant, même si les intentions sont celles de parvenir à émerger en dehors de l’influence américaine, la certitude est grande qu’il ne faudrait pas trop apparaître comme aspirant à évoluer à l’avenir en concurrent ou adversaire des Etats-Unis.
Aussi, faudrait-il à ces pays un peu trop rêveurs ou qui versent dans des illusions de puissance enclines à vouloir dominer le monde, tenir compte de la réalité du terrain, c’est-à-dire des rapports de force, et admettre pour un bon moment encore que le monde sera américain et seule la reconnaissance de cette importante donnée permettra de comprendre pourquoi les Etats-Unis bougent tellement et dans quel sens ils se mettent en mouvement.
Toute la politique de redéploiement des Etats Unis dans le monde, à la fois par la diplomatie et par les forces armées, intègre l’idée centrale qu’il faudrait occuper le terrain, étendre leur influence, tenter de créer les conditions de son irréversibilité, implanter dans toutes les régions du monde des pôles régionaux, bien sûr, pro-Américains, ou des puissances régionales acceptant de s’intégrer comme sous-traitants dans une architecture de sécurité définie bien évidemment par eux. Ce sont autant d’objectifs qui ont servi à fonder la vision américaine du monde et dont la mise en œuvre est confiée aux moyens de la diplomatie coercitive.
La cartographie des influences est bien sûr à dessiner bien avant le retour de la Russie au niveau de la puissance militaire qu’avait l’ancienne Union soviétique, avant également l’achèvement de la montée en puissance de la Chine et éventuellement l’évolution de l’Union européenne vers sa constitution en «Etats-Unis d’Europe».
Depuis 1991 avec l’implosion de l’URSS et la dissolution des forces du pacte de Varsovie, la situation qui en avait résultée et qui demeure validée jusqu’à ce jour reste celle d’ un monde unipolaire dominé exclusivement par les seuls Etats-Unis.
Pour ce qui concerne notre région plus particulièrement, la fameuse Eskudra, ou flotte navale ex-soviétique qui donnait la réplique en termes d’équilibre de présence et de dissuasion à la sixième flotte américaine en Méditerranée, a laissé place uniquement aux Américains qui s’estiment en droit maintenant d’entretenir des aspirations dans un contexte où l’écart sur le plan militaire avec toutes les autres puissances est «irrattrapable» sur le moyen terme et même sur le long terme. Les Etats-Unis n’ont plus besoin maintenant de montrer leurs forces pour intimider. Le message qu’ils voulaient transmettre au reste du monde, y compris pour les pays arabes et surtout les pays arabes qu’ils veulent voir rentrer dans les rangs, est clair.
Le premier se lit à travers le cas irakien qui signifie que se placer hors de l’influence américaine et davantage travailler à contenir celle-ci font courir le risque certain de se poser en ennemi des Etats-Unis et d’en subir les conséquences. Les pays arabes sont ainsi appelés à s’inscrire dans le champ des influences américaines pour mettre leur défense et leurs régimes à l’abri de toute menace.
Le deuxième message est celui de convaincre les pays arabes que leur stabilité dépend de la perception qu’ils ont que leur futur devenir est lié à la nature des relations qu’ils auront avec l’Etat d’Israël et qu’ils doivent renoncer à développer leur potentiel militaire à un niveau où ils risqueraient de remettre en cause le caractère de seule grande puissance militaire que possède Israël dans la région. Alors, cela n’est possible que si les pays arabes s’inscrivent comme partenaires de l’Otan et alliés des Etats-Unis et qu’ils dépendent pour leur armement des seuls Américains ou à la rigueur des membres de l’Alliance transatlantique.
Sur conseil des Israéliens, les Américains n’emploient plus les concepts de monde arabe, car cela renvoie à la guerre israélo arabe et n’emploient également plus le concept de monde musulman ou de monde islamique car cela renvoie à une qualification religieuse de l’affrontement avec l’Etat juif.
Ce serait donc bien pour cette raison que les Américains ont inventé le concept de «Grand Moyen-Orient» et que maintenant, ils lancent l’initiative liée cette fois-ci au monde arabe à recouvrir sous le vocable de Moyen-Orient.
Les Etats-Unis ont toujours besoin que s’exerce quelque part une quelconque menace qui serait qualifiée de mondiale pour justifier le maintien à un haut niveau du format de ses forces armées et légitimer ainsi son rôle hégémonique dans la guerre qu’il appelle mondiale, contre «le camp du mal», étant bien entendu que seuls les Américains définissent les critères de qualification.
Rappelons pour mémoire que c’est le président Reagan qui le premier avait inventé le concept du camp du mal. Ce qui démontre ainsi qu’il y a une continuité dans les visions portées par les présidents américains successifs.
Pour en revenir aux pays arabes, ceux-ci sont contraints aujourd’hui à rechercher la protection américaine contre les Américains eux-mêmes qui la leur garantissent, en échange de leur «compréhension» pour tout ce qu’ils envisagent de faire dans la région, en particulier dans les cas de la Syrie et de l’Iran .

11-03-2007
Sofiane Idjissa

http://www.lanouvellerepublique.com/actualite/lire.php?ida=48579&idc=13&refresh=1

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